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Historique, Tradition du Carnaval de Dunkerque

TRADITIONS : CARNAVAL A DUNKERQUE

L’histoire du carnaval est intimement liée au passé maritime de Dunkerque. La première mention de « foye », une fête payée par l’armateur, date du tout début du XVIIIe siècle. Dunkerque était alors un des hauts lieux de la pêche en Islande. Avant d’embarquer à la fin mars (et au plus tard en février) pour ces périlleuses et pénibles campagnes, les pêcheurs se réunissaient dans une auberge pour célébrer la foye. Les hommes et leurs épouses chantaient, dansaient au son du violon, et ripaillaient la nuit durant. Vers la fin du XVIIIe siècle, les pêcheurs rejoint par leur famille se masquèrent et prirent possession de la rue. Ce fut de début de la Visschersbende (en flamand, bande de pêcheurs).

La fête atteint son paroxysme au cours des trois joyeuses que sont mardi gras et les deux journées qui précèdent. Les masques font traditionnellement le bal du samedi soir, la bande de la basse-ville l’après-midi, puis suivent la bande de Dunkerque le dimanche, le bal des Acharnés le dimanche soir, la bande de la Citadelle, la bande de Rosendaël et enfin le mercredi des Cendres une soirée « anguilles ». La bande se déroule la journée, le bal en soirée et les innombrables « chapelles » font la liaison entre ces rendez-vous obligés.

Le Carnaval de Dunkerque ne peut se dérouler que dans la période du 1er dimanche après le Nouvel An, jusqu’au dimanche des Rameaux.

La bande des pêcheurs

    

La bande des pêcheurs, en flamand « Visschersbende », est un immense serpent humain multicolore qui arpente les rues de Dunkerque selon un itinéraire bien défini. Le calendrier des sorties de la bande des pêcheurs s’organise traditionnellement en fonction de la date du mardi gras. La bande suit un rituel très précis.

        


La musique reprend les airs traditionnels du carnaval, un répertoire connu de tous qui s’enrichit au fil des années de nouvelles chansons. La marche est ponctuée par des figures serrées, les « tiens bon d’sus » chahuts ou « p’tits tas ».

Au passage devant l’hôtel de ville, la foule des masques scande « Prouvoyeur, des kippers ». et aujourd’hui : « Delebarre des homards ». A ce signal, les édiles, groupés sur les balcons lancent des harengs emballés sous plastique.

 

La foule se dispute cette manne dans un chahut indescriptible mais très apprécié. Après quatre heures de fête, les masques se retrouvent sur la place Jean Bart pour le rigodon final ; un bain de foule (doux euphémisme) se transforme alors en un corps à corps d’où s’échappe au sens propre comme au figuré, une chaleur humaine propre à notre région. Enfin dernier temps fort de la bande, les masques à genoux entonnent au pied de la statue la cantate du corsaire Jean Bart, notre héros.

Les chapelles et l’après-bande

Pour la plupart des masques, la bande est prétexte à d’innombrables pèlerinages, appelés pour la circonstance « chapelles », et qui jalonnent le parcours. Afin de relayer la musique officielle de la bande,

Après le rigodon, « les Noirs » groupe de carnavaleux « indépendants » créé en 1969, organisèrent l’après bande en s’entourant de 4 à 5 musiciens (trompette, fifre, tambours etc.) pour poursuivre la fête dans les rues et cafés. Cette initiative fut poursuivie par le groupe des « kakesteks » (joue de morue) généralement composés d’étudiants, pour continuer dans ces chapelles « ardentes » l’ambiance de rigueur. En ces jours de recueillement, les chapelles étant trop rares, il est d’usage de visiter les maisons amies pour se faire inviter à boire et à manger. Le plus souvent, les masques se déplacent en petits groupes pour mettre en commun ces « bonnes adresses ». Ces haltes dans les cafés ou les maisons, largement arrosées de bières et de soupe à l’oignon, permettent aux gosiers mis à contribution de se désaltérer, et aux esprits de se préparer pour le bal du soir ; ainsi c’est la ville entière qui est prise d’assaut par la population dunkerquoise et les orchestres itinérants.

Les costumes

Ce sont l’humour, la dérision, et le grotesque qui sont de mise. La tenue-type du carnavaleux doit être seyante, nantie de bonnes chaussures et d’un parapluie toujours emmanché.

  

Le masque, chaud et encombrant, n’est généralement porté que pour « l’intrigue ». Tout est alors permis et les masques rivalisent de fantaisie.

Parmi les costumes, celui de l’homme-femme revêtu de sous-vêtements aux dimensions généreuses est le plus courant. La plupart du temps, le masque sous le maquillage outré a conservé sa barbe ou sa moustache, ce qui ajoute à la dérision.

Les autres déguisements favoris des Dunkerquois sont sans doute celui du « noir » maquillé de noir, photos portant pagne de raphia, plumes et collants noirs, celui de « l’écolier », un adulte qui porte un tablier à carreaux rouges photos, celui de « grands-mères » vêtu d’une vieille fourrure et d’un chapeau orné de fleurs et tous autres accoutrements trouvés dans les greniers ou solderie. En principe chacun revêt tous les ans le même costume.

La bande des pêcheurs est rituellement emmenée par un tambour-major.

     

Chaque section de Dunkerque a le sien : le plus populaire et le plus truculent de ces personnages traditionnels fut celui de Dunkerque-centre, Cô-Pinard II (Jean Minne dans le civil). Cette figure locale assure la pérennité de la fête, origine de « l’hymne au Cô » puis succédèrent « Cô Sloocke (Jacky) et aujourd’hui « Cô Boont’che » (Pascal). Les musiciens, principalement des fifres et des tambours, portent selon la tradition, un ciré de pêcheur ou un « bâtche » (maillot rayé).

  

Les premières lignes de la bande, très convoitées, ont pour mission de contenir la pression formidable des masques lors des « chahuts » et, ainsi, de protéger les musiciens qui les devancent.0871-1495-2950

Reuze papa, le géant dunkerquois, sa femme et ses gardes sont les invités d’honneur du carnaval.

Les figuemen et « intrigueurs» agissent en marge de la bande ; ils ne dansent pas, mais sont masqués et déguisés au point d’être parfaitement méconnaissables, ils interpellent les badauds.

Le carnaval fait partie de la vie des Dunkerquois ; les enfants de Jean Bart toujours prêts à s’amuser entretiennent pendant plus de deux mois une ambiance de fête particulière. Populaire, coloré, chantant, le carnaval dunkerquois ne manque pas d’étonner tous ceux qui l’intéressent ; il constitue un spectacle hors du commun, même si, à Dunkerque aussi, tout commence et tout finit par une chanson.

(Texte principalement extrait du Moniteur (1987), complété et mis à jour par CISSEFLUTE)

      

http://www.ville-dunkerque.fr/carnaval/